D'autres "Marseillaises"...
Depuis sa création la Marseillaise a été reprise ou pastichée d'innombrables fois,
pour des raisons politiques ou artistiques. Par exemple :
1. Après la révolution d'Octobre les révolutionnaires soviétiques (+/- en Russie, 1917) choisiront la Marseillaise comme hymne, avant d'adopter un autre chant d'origine française, l'Internationale.
2. En 1979 Serge Gainsbourg (1928-1991) compose une "Marseillaise rasta" ( = une Marseillaise "reggae"), dénommée "Aux armes, et caetera...", qui scandalisa beaucoup de monde. Des parachutistes en tenue militaire envahirent une de ses salles de concert pour distribuer au public des tracts protestant contre cette chanson. Mais lorsque l'artiste se dirigea vers eux en entonnant la "vraie" Marseillaise, les parachutistes se mirent au garde à vous !
3. Si la Marseillaise rappelle les heures de gloire de la révolution française, il est des gens qui trouvent que c'est un chant trop violent aujourd'hui. On pense notamment à l'extrait "Qu'un sang impur abreuve nos sillons." Ainsi le chanteur Graeme Allwright a composé une "Marseillaise" qui tourne le dos aux accents guerriers de la chanson originale.
La "Marseillaise" de Graeme Allwright
(Graeme Allwright est un chanteur français, connu notamment pour avoir traduit et chanté dans notre langue
des chansons du chanteur américain Bob Dylan)
Complément sur l'affaire du "sang impur" :
Cette expression, et en tout cas sa survivance aujourd'hui dans notre hymne national, est souvent prétexte à stipendier la Marseillaise comme un chant guerrier, violent, voire xénophobe.
Pourtant, si l'on n'y réfléchit deux secondes... L'ancien régime, qui commence tout juste d'agoniser lorsque les paroles sont écrites, connaissait ceux qui avaient le sang noble, le sang pur, le sang bleu d'un côté, et... les autres dont le sang était plus... commun, roturier, "impur" nous pourrions dire...
Aussi la question se pose de savoir si le vers "Qu'un sang impur abreuve nos sillons" est véritablement un appel à la "saignée" de l'ennemi, ou plutôt... un appel à l'héroisme des sans-culottes à aller jusqu'à verser leur sang pour défendre les libertés récemment conquises et éviter le retour de l'ancien régime.
Dans ce cas, aucune xénophobie dans ce vers, ni non plus de férocité - bien au contraire !... Ceci est l'interprétation d'un historien (je n'ai pas pu retenir son nom) entendue il y a quelques mois sur France-Culture...Elle cadre très bien avec d'autres paroles de la chanson, si l'on veut bien se donner la peine de les lire attentivement... Le débat est ouvert en tout cas...